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Sécurité et confiance

Arnaque sentimentale : les signes qui alertent et quoi faire

Arnaque sentimentale : comment elle se déroule, les signes qui alertent dès les premiers messages et les gestes officiels si vous ou un proche êtes visé.

Publié le 4 octobre 2026

Arnaque sentimentale : les signes qui alertent et quoi faire

Est-ce une arnaque sentimentale ?

Cochez ce qui correspond à votre situation, ou à celle d'un proche : les signaux viennent de Service-Public et de l'Institut national de la consommation.

Ce test ne remplace ni un conseil juridique ni les forces de l'ordre. Sources : Service-Public (fiche F34124), INC avec Cybermalveillance.gouv.fr, Ma Sécurité (THESEE). Info Escroqueries : 0 805 805 817 (appel gratuit). En cas de danger immédiat, appelez le 17.

L’arnaque sentimentale ne ressemble pas à une arnaque. Elle ressemble à une rencontre qui se passe bien, avec quelqu’un d’attentif, qui écrit tous les jours. C’est précisément pour ça qu’elle fonctionne. Ce guide décrit le mécanisme tel que les autorités françaises le documentent, les signes qui doivent alerter dès les premiers messages, et les gestes concrets si vous, ou l’un de vos proches, êtes visé.

Ce qu’est une arnaque sentimentale, selon la loi

Service-Public la définit ainsi : une personne rencontrée sur internet, avec laquelle vous avez une relation amicale ou amoureuse, vous demande de l’argent en prétextant un motif urgent ou en vous menaçant. L’escroquerie aux sentiments est un délit, et elle peut prendre une seconde forme, la sextorsion, où l’auteur menace de publier des contenus intimes pour obtenir de l’argent ou d’autres photos (Service-Public, 2025).

Le mécanisme est toujours le même. Cela commence sur un site de rencontre ou un réseau social. L’escroc exprime au fil des échanges des sentiments forts, gagne la confiance, installe une emprise sentimentale, puis demande de l’argent sous des prétextes d’urgence : frais médicaux, problème administratif ou judiciaire. Les sommes demandées augmentent jusqu’à ce que la victime ne puisse plus payer (INC, 2024). Chaque année, des milliers de personnes se font piéger en France, près de 80 % sont des femmes de plus de 50 ans, et les sommes extorquées vont de quelques centaines à des centaines de milliers d’euros, sur des mois, parfois des années (INC, 2024).

Les signes qui doivent alerter

Aucun de ces signes ne prouve une arnaque à lui seul. Deux ou trois ensemble, et vous arrêtez tout.

La rencontre qui n’arrive jamais. C’est le signal numéro un, et il est écrit en toutes lettres par l’INC : si l’interlocuteur prévoit de vous rencontrer mais que cela n’arrive jamais, cela doit vous alerter (INC, 2024). Service-Public ajoute que l’auteur « trouve toujours des prétextes pour éviter toute rencontre physique », et que ce type d’escroquerie se commet uniquement sur internet ou par téléphone (Service-Public, 2025). Un déplacement à l’étranger, une mission, un accident la veille du rendez-vous : à la deuxième annulation, posez la question frontalement.

Les sentiments très forts, très vite. Des déclarations d’amour après quelques jours, une projection immédiate dans une vie commune, une attention permanente. Ce rythme ne correspond à aucune rencontre réelle ; il correspond au besoin de l’escroc d’installer l’emprise avant de demander.

Le premier motif d’urgence. Un problème médical, un bagage bloqué, des frais de douane, un compte gelé. La première somme est souvent modeste, et c’est un test (INC, 2024).

Le refus de la vidéo, ou une vidéo étrange. Une personne qui écrit tous les jours mais ne peut jamais apparaître en direct, ou qui coupe au bout de quelques secondes, n’est probablement pas celle des photos. Sur les applications, la vérification de profil, qui compare un selfie vidéo aux photos, est justement faite pour ça (Tinder, 2026) ; préférez les profils vérifiés.

Les menaces, quand vous hésitez. Si vous refusez de payer, l’auteur peut faire chanter, en menaçant de divulguer des informations, des photos ou des vidéos (Service-Public, 2025). À ce stade, vous êtes face à un délit caractérisé, et la réponse est la plainte, pas la négociation.

La règle qui protège de tout

Une seule : ne jamais donner d’argent à quelqu’un que vous n’avez jamais rencontré dans la vraie vie (INC, 2024). Pas de virement, pas de recharge, pas de « prêt » qu’on vous promet de rembourser. Et au moindre doute, demandez l’avis d’un proche avant d’agir : l’escroc compte sur le secret, et le contexte général le favorise, puisque 53 % des Français ont été confrontés à de l’hameçonnage dans l’année et que seuls 55 % s’estiment suffisamment informés sur les risques d’internet (Cybermalveillance.gouv.fr, 2026).

Quoi faire si vous êtes déjà visé

Les autorités décrivent une démarche en quatre étapes, et l’ordre compte.

  1. Couper le contact, tout de suite. Interrompez immédiatement toute relation avec l’escroc, même s’il menace ou tente de vous faire chanter (INC, 2024).
  2. Rassembler les preuves, datées. Le numéro de téléphone de l’auteur, des captures d’écran des échanges, les SMS, les enregistrements de conversations ; des preuves datées, avec l’heure et la date des messages, sont nécessaires pour le signalement et la plainte (Service-Public, 2025).
  3. Prévenir votre banque. Si vous avez transmis un numéro de carte ou de compte, contactez votre banque pour faire opposition, contester les opérations et demander un remboursement (Service-Public, 2025).
  4. Déposer plainte en ligne. La plateforme THESEE permet à toute personne majeure de déposer plainte ou de signaler une escroquerie aux sentiments, gratuitement, depuis un ordinateur ou un téléphone ; la plainte est validée et signée par un policier, et le récépissé arrive dans votre espace personnel. Préparez l’IBAN qui a servi au paiement, il est obligatoire dans la déclaration (Ma Sécurité, 2026). La plainte reste possible au commissariat, en gendarmerie ou par courrier au procureur (INC, 2024).

Si la victime est un proche, un parent, un grand-parent, la même démarche s’applique, et le plus difficile est souvent de faire admettre l’arnaque. Ne cherchez pas à prouver que la personne aimée n’existe pas ; montrez plutôt la liste des signes, et proposez de déposer plainte ensemble.

Se protéger en amont : les données et le profil

L’arnaque commence par ce que vous montrez. La CNIL rappelle que sur un site ou une application de rencontre, on partage « souvent bien plus que ce que vous pensez » et conseille de ne donner que ce qui est nécessaire, de vérifier la politique de confidentialité et de n’installer que des applications d’éditeurs de confiance (CNIL, 2025). Trois réflexes simples : pas de nom de famille ni de lieu de travail dans le profil, pas de photos qui situent votre domicile, et aucun numéro de téléphone avant d’avoir vu la personne en vidéo.

Choisir un site qui vérifie les profils réduit aussi le risque. Les sites sérieux proposent une vérification d’identité, gratuite chez certains, et c’est l’un des critères que nous retenons pour choisir un site de rencontre sérieux. Et quand la conversation avance vers une vraie rencontre, les règles du premier rendez-vous valent aussi contre les faux profils : lieu public, un ami prévenu, votre propre trajet, décrites dans notre guide sur la phrase d’accroche et les premiers échanges.

Ce qu’il faut retenir

L’arnaque sentimentale suit un scénario connu : des sentiments très vite, une rencontre toujours repoussée, puis une demande d’argent urgente. Le repère qui protège tient en une phrase, jamais d’argent à quelqu’un qu’on n’a pas rencontré dans la vraie vie. Si c’est déjà arrivé, coupez, gardez les preuves, prévenez la banque et déposez plainte sur THESEE. Il n’y a aucune honte à avoir été visé : ces escroqueries sont conçues par des professionnels, et porter plainte est ce qui permet aux enquêteurs de les relier entre elles.